Compagnie La Lanterne (66) –

Création «Le Gang : une histoire de considération»

 

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La compagnie La Lanterne est la seule compagnie professionnelle d'Alénya, portée par la jeune metteure en scène Marie Clavaguera-Pratx, originaire de la commune et y demeurant une partie de l'année. La commune a toujours accueilli les créations de la compagnie (dans le cadre de mises à disposition du pôle Machado pour « La Rémanence des Lucioles » (qui a fait partie des projets soutenus par le collectif EnJeux ) et dans le cadre de résidences conventionnée : en 2017 : « L'Origine », en 2012 : « A l'approche du point B »)

La compagnie bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance dans la région et est soutenue par certaines structures mais a toujours besoin d'un soutien de la commune.

 

Résidence au pôle Antonio Machado : 31/08 au 1er /10/2020 (32 jours)

Représentation à Alénya : Vendredi 02/10/2020 en ouverture des Vendanges d'Octobre pour le 20ème anniversaire du festival.

DESCRIPTIF DU PROJET

Le point de départ du projet :

Marie Clavaguera-Pratx mène, depuis plusieurs années, des interventions artistiques en milieu carcéral au centre pénitentiaire de Perpignan. C'est une conversation avec un détenu qui lui a inspiré le point de départ du spectacle.

Voici le reconstitution de cette conversation qui eut lieu en mai 2017:

Le Détenu : Qu’est-ce que vous faites?

Marie Clavaguera-Pratx : Moi ? Je suis metteuse en scène. Je mets en scène, donc.

Le Détenu : : C’est-à-dire ? C’est quoi au juste ?

Marie Clavaguera-Pratx : Mettre en scène, c’est avoir une idée qu’on souhaite plus que tout réaliser. Ensuite, c’est… je crois… savoir s’entourer de personnes ayant des compétences spécifiques et techniques nécessaires à la réalisation de cette création. La mise en scène, au fond c’est réunir un groupe pour faire collectivement quelque chose qu’on ne peut pas faire seul. Voilà.

Le Détenu : Eh bien, on fait le même métier. Moi dehors, avant, je braquais des banques. J’avais l’idée, comme vous. Et alors, comme vous, j’avais besoin de m’entourer de personnes compétentes. Pour que ça fonctionne à chaque fois. Et ensuite, c’était...tous ensemble !

Note d'intention de la metteuse en scène

"Lorsqu’un individu n’a pas accès à la parole, tôt ou tard, quelqu’un la prendra pour lui et écrira l’histoire à sa place. Pour déjouer cette fatalité, je souhaite redonner la parole à ceux et celles qui s’en sont vus spolié. Nous decouvrirons dans un premier temps un être « marginal » et solitaire. Un braqueur. Quelqu’un qui porte son regard plus loin afin de voir, connaître ou posséder ce qui était soustrait à sa vue. Il nous invitera à regarder autrement et nous montrera ce qu’il voit. Nous braquerons nos regards alors dans une même direction, invisible jusqu’alors. Nous découvrirons son projet. En guide nyctalope, il convoquera un gang. Une fois réunis, les membres se donneront les moyens d’exister et de prendre place dans la fresque économique, sociale et politique française des années 80. À la fin de ce prologue, nous découvrions, lorsque la lumière pénètrera la boîte noire du théâtre telle « une boîte à sardines », le groupe réuni avec soin présent pour nous raconter une histoire. Celle du Gang des postiches…

Ce sera la fresque théâtrale de ces « postiches », narrée par un groupe qui a trouvé comment être considéré collectivement, au-delà de leur propre existence individuelle. Ils contrediront la rumeur, ce bruit sourd qui vient de nulle part mais qui se lit sur toutes les bouches. Ils donneront à voir les contours du mythe qui a été construit de toute pièce par la communauté autour de ces copainsd’enfance de Belleville et Montreuil.

La presse, la Préfecture de Police, les gouvernements successifs, la mémoire populaire se sont racontés l’histoire de ce gang. Ils ont été tantôt considérés comme des hors la loi, des Robins des bois des temps modernes, des guérilleros urbains, les gauchistes révolutionnaires …

Ils seront cinq au plateau pour raconter l’ascension spectaculaire et la chute de «Bada», «Soeur sourire», «Dédé», «Pougache» et enfin «Bichon». En « professionnel du braquage», ils porteront nos regards de spectateurs plus loin afin de nous donner à voir et à entendre ce qui était soustrait à la vue de tous... Qui mieux que ces transformistes, ces professionnels du « semblant » pour nous révéler ce qu’il y a derrière les apparats. Eux qui travaillent à mettre le masque dans le quotidien de leur savoir-faire ? Tous au service de cette grande illusion qu’est le théâtre, ce braquage consenti des sens et de l’esprit.

 


Compagnie Encima (66)

Création «Du coton sur le sable » (théâtre)

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La compagnie Encima est une compagnie du département des Pyrénées-Orientales avec laquelle nous travaillons depuis longtemps. Nous avons programmé une grande partie de leurs spectacles destinés au jeune public : Souvenirs de Gibraltar (lors e la Fête du Livre Vivant en 2012 et lors du festival Memoires Vives), Dedans-dehors, Petit Bonhomme, Vagabondages, Le Roman de Renart dans le cadre de la saison culturelle.

Pour ce projet qui est au départ un travail de commande du Conseil Départemantal, nous avons décidé de les soutenir pour que la forme, qui n'avait joué qu'in situ dans un lieu non dédié au spectacle vivant, puisse se déployer au plateau et parce que la thématique autour de la mémoire ouvrière d'un lieu particulier local comme cette dynamiterie méritait une mise en lumière.

résidence : du 8 au 22 décembre 2020

représentation à Alénya : saison culturelle 2020-21 : 6 mars 2021 à 20h30

Théâtre - à partir de 10 ans

Mise en scène : Laetitia Desplanque

Ecriture : Annabelle Garcia et Laetitia Desplanque

Interprétation théâtrale : Isabelle Olive et Thierry Cailheton

Interprétation musicale : Daritz Haï

Photographie et décors projetés : Alexandre David

Scénographie : Fritz Ebertz

Costumes : Eve Meunier


 

DESCRIPTIF DU PROJET


 

Le point de départ du projet :

A l’occasion des 10 ans du réaménagement du site classé de Paulilles, le Conseil Départemental demande à la compagnie Encima d’écrire un spectacle en lien avec l’esprit des lieux, pour l’été 2018. C’est à Paulilles que la première dynamiterie française a été implantée. Le 3 décembre 1870 : Paul Barbe, représentant en France d'Alfred Nobel, pose la première pierre de l'usine au bord de la plage.

La compagnie Encima commence le travail de recherche, s’imprègne des lieux, se passionne pour le sujet.

L’AMIC, Association Médiatrice d’Intérêt Collectif, a œuvré pour la sauvegarde du patrimoine, à travers une meilleure connaissance de l’histoire locale et de l’évolution de la vie sociale. C’est sur leur trace que nous avons inscrit notre projet de création, inspiré de « Paulilles, la mémoire ouvrière », qui est un ensemble de témoignages collectés par ses membres (publié aux éditions Les Presses Littéraires de Saint-Estève (66) en mai 2014.)


 

Note d'intention de la metteuse en scène


 

Le dispositif est pensé pour deux comédiens, Isabelle Olive, Thierry Cailheton et un musicien, Daritz haï. Le musicien accompagne le jeu d’acteur. Le choix s’est porté sur les instruments à corde, violon, violoncelle, contrebasse, guitare. Daritz Haï compose et interprète en direct, boucle les sons et les mélodies. Des bruitages créent le décor sonore.

Le rapport du jeu d’acteur se fera de manière frontale, en adresse public ou en huis clos. Scènes de vie à l’usine, dans le foyer ou sur la plage... Les comédiens relatent les faits comme s’ils se produisaient aujourd’hui. D’autres saynètes seront des témoignages du passé pour le rapprocher de notre actualité.

Pour ce projet, mon idée est de faire un théâtre tel que Brecht l’a conçu, avec cette forme épique dans l’écriture et la distanciation que l’on peut trouver dans le jeu d’acteur, qui oblige le spectateur à analyser la situation grâce aux faits qui lui sont présentés. Comme Brecht le fait dans son écriture, certaines didascalies, en voix off, seront dites pour permettre aux spectateurs de se représenter non seulement les lieux, les temporalités, mais aussi le registre émotionnel qui sera dissimulé par le jeu d’acteur, pour préserver la pudeur que l’on retrouve dans de nombreux témoignages.

L’espace scénique reflète divers lieux de l’usine et rappelle le milieu naturel à travers un travail photographique et d’images d’archives récoltées en collaboration avec Alexandre David, photographe, plasticien et l’Institut Jean Vigo.


Compagnie Les Perles de Verre / La Baignoire (34) –

 

Création « Elles deux » d' Emmanuel Darley – (théâtre)

 

 

 

 

Nous avons eu la chance de côtoyer Emmanuel Darley de son vivant.. Il était venu plusieurs fois à Alénya. Soit pour présenter un livre, soit pour accompagner un spectacle. La dernière fois que nous l'avions accueilli, c'était pour « Pas Bouger » de la compagnie Qu'est-ce-à-dire (Mise en scène de Cathy Semat). Nous étions et le sommes toujours ensibles à son écriture et à ses sujets de prédilection où l'individu représente l'universel.

Aussi nous avons assisté à une sortie de résidence du projet de Bela Czupon en juin 2018 pour le festival Warm Up à Montpellier, qui nous a convaincus de soutenir le projet dans le cadre d'une résidence conventionnée.

 

Dates et périodes de résidence : du 6 au 11 janv. 2020 et du 04/03 au 11/03 soit 14 jours au total

Représentation à Alénya : saison culturelle 2021-2022

Tout public à partir de 13 ans

Durée : 1 heure et demie

 

Avec :

Hélène de Bissy
Élodie Buisson
Elsa Hourcade
Alex Selmane
Mathieu Zabé
Mise en scène : Béla Czuppon
Scénographie : Daniel Fayet
Lumière : Maurice Fouilhé
Costumes : Pascaline Duron
Travail de préparation physique : Julie Laporte
Chargée de Production : Marine Hoareau

 

L' histoire

 

Deux filles, deux amies que rien ne peut séparer. Deux ados qui se projettent dans l’avenir et dessinent au futur une vie d’adultes qu’elles imaginent toujours côte à côte.

Un jour, quelque chose se passe. L’une disparaît abandonnant l’autre, ses propres parents, tout. Elle prend un chemin de traverse et s’ évanouit dans la nature. L’autre poursuit sa vie, comme les parents de l’une, dans l’incompréhension, le trouble, le vide et l’oubli impossible.

Et puis le temps passe.

Beaucoup plus tard, un autre jour, alors qu’elles sont au presque bout de leur temps de vie, elles se retrouvent. L’une et l’autre côte à côte à nouveau.

Que reste-t-il de leur histoire ?

Note d’intention du metteur en scène

Au fond du plateau, au-dessus d’un sol noir, un écran blanc comme un panneau publicitaire ou un écran de cinéma, comme un promesse encore vide d’objet. Le panneau semble suspendu dans l’air.

Sous certaines conditions de lumière, les corps des acteurs peuvent sembler, eux-aussi, suspendus. À d’autres moments, ce ne sont que leurs ombres qui se détachent sur le fond blanc. Parfois, ils apparaissent.

Car c’est bien à une sortie de l’invisible que les acteurs doivent convier les figures évoquées par Emmanuel Darley. Leur indétermination soudain s’incarne dans un corps sous le regard bienveillant des autres partenaires, et du public. La mise en scène examine et questionne cette sortie de l’invisible vers le visible, le reconnaissable, le partageable.

Sur le plateau, un agencement de corps dans l’espace précipite cette sortie vers le visible. Comme si cet agencement était fortuit et vécu dans l’instant. L’imprévisible et l’indéterminé pour apparaître dans le monde prennent des chemins fragiles…

Nous travaillerons ces diverses présences de l’acteur sur le plateau en exploitant ses capacités à bondir d’un niveau de réalité théâtrale à un autre. C’est sur un fonds d’actions produit par le collectif des acteurs, que s’inscrira le texte d’Emma­nuel Darley. Ce fonds met en oeuvre une attention et une tension spécifique au texte. Les acteurs sont reliés entre eux par une mémoire personnelle et collective mise à jour et explorée pendant les répétitions. Il y aura des secrets entre les corps.

Pour travailler cette présence particulière et ambiguë sur le plateau, nous avons fait appel à la danseuse-chorégraphe Julie Laporte. Grâce à ses consignes très concrètes, les acteurs cherchent ce point de disponibilité et d’attention à l’espace et aux autres.

C’est à partir de ce jeu que chacun reconnaîtra, ou construira son Je. Même jeu avec le spectateur…

Espace d’avènement, de surgissement, de levée de sens, le théâtre tente de coaguler, pour un moment seulement, le flot du réel : soit pour en faire l’étude, soit pour engager sa transformation ou encore pour initier sa production même. La réalité est une fiction à auteurs multiples. Le travail que nous souhaitons mettre en oeuvre consiste à trouver une tension entre état liquide et coagulation en rendant visible cette lutte contre la liquéfaction. Cette tension passe avant tout par le corps des acteurs. Ils sont traversés par différents flots, courants, ondes dont ils cherchent à s’extraire pour apparaître. Il s’agit d’un combat aussi bien inté­rieur qu’extériorisé. À chaque moment la lutte contre l’instabilité de l’existence rejoint celle menée contre un système économiste qui érige la disruption et la liquéfaction comme condition de son règne.

Fragments, bouts collés, parcelles de temps et de lieu…

Ce qui est présenté comme une histoire est un agencement parmi d’autres possibles.